
J’avais, depuis quelques années, envie de voyager autrement, en donnant un sens différents à mes déplacements. Plutôt que d'être simplement un touriste, je voudrais avoir une vision plus authentique du pays, en découvrant le pays au travers de ses habitants et non de ses sites remarquables (qui bien souvent sont issus de l'Histoire ou de la Géologie !).
Alors, quelle solution ? Je crois, ou j'ai cru que m'impliquer dans des missions solidaires me donnerait cet angle de vision que je recherche. Participer à des projets locaux pour mieux appréhender les réalités sociales, partager mes compétences en aidant les autres. Avoir des initiatives, contribuer, échanger, autant d'expériences humaines qui me laisseront des souvenirs plus profonds.
Une fois cela dit, le plus dur reste à faire; et il m'aura fallu 3 ans pour arriver à concrétiser quelque chose. Il me semble même que dans ce blog, j'avais écrit cette même envie, il y a 3 ans ...
Allez, tout arrive ! Peut-être pas aussi bien que je l'espérais, mais c'est un début.
Donc, me voici adhérent d'une Association de Retraités : AGIRabcd (Association Générale des Intervenants Retraités - Actions de Bénévoles pour le Développement et la Coopération ) ! Ca sent le remplissage pour coller aux lettres du nom de l'Association ... les associations nommées AGIR se comptent par centaines !!!
2 ans à essayer de comprendre, 2 ans à essayer d'accrocher une mission ... sans aucun succès ! Au bout de ce laps de temps, prêt à quitter l'association, je découvre une demande pour des Responsables Pays. Ma trajectoire est relancée, je postule pour l'Amérique du Sud, et j'obtiens le TOGO !!! Cela ressemble beaucoup à l'éducation nationale, où il faut demander ce qu'on ne veut pas ... Normal, 80 % des adhérents proviennent de cette grande institution.
Mais pourquoi autant de profs ??? Leur retraite commence à 60 ans, contre 67 pour les travailleurs du secteur public.
En quoi consiste ma mission ? En tant que Responsable Pays, je me rends sur place - donc le Togo - pour rencontrer des associations, des organisations, des mairies, ministères etc... et leur proposer notre aide dans la réalisation de projets. 2 types d'interventions :
Trop facile ! Les projets pullulent, et il suffit de parler pour en ramasser ... J'ai ramené une dizaine de missions, et 16 projets du Togo. Trop fort !
Voici plus de 4 mois que je suis rentré, et la montagne à escalader se dresse devant moi, et j'ai le temps d'en apprécier toutes les difficultés :
Résultat, j'ignore si j'arriverai à mener à bien un seul de ces projets .... Je ne baisse pas les bras, j'essaie avec optimisme.
Un mot sur le délai de réalisation d'une mission :
6 mois minimum entre la formulation de la demande (et remplir les documents ad hoc), et l'envoi de l'intervenant ... A condition, d'une part que le demandeur prenne en charge les frais, et d'autre part de dénicher un intervenant, ce qui est déjà un petit miracle.
3 ans minimum pour un projet, ou une mission non financée : identification de l'intervention ... paperasserie AGIRabcd ... un chef de projet ? Oui, bien souvent Non = abandon ... Ecriture de l'avant-projet ... Recherche du financement (entre 1 et 2 ans) et enfin, si l'argent est là, 1 an pour réaliser concrètement le projet. Donc, si un des mes projets finit, par miracle, à sortir du trou, il sera réceptionné en 2030 ...
Concrètement, cette mission ...
Le TOGO est un pays du Golfe de Guinée, encadré par le Ghana d'un côté et le Bénin de l'autre.
Il est devenu indépendant en 1960, a élu son premier Président démocratiquement, qui sera, tout aussi démocratiquement, assassiné. ... Sautons quelques années. Le Président aujourd'hui est Faure Essozimna Gnassingbé.
Il est né le 6 juin 1966 à Afagnan, au Togo, et a étudié à Paris-Dauphine puis à George Washington University.
Il entre en politique en 1999 comme député à l’Assemblée nationale togolaise.
En 2003, il devient ministre des Mines, des Télécommunications, de l’Équipement et des Postes.
Il accède à la présidence en 2005 après la mort de son père, Gnassingbé Eyadéma, puis est réélu à plusieurs reprises. Eh oui, c'est presque héréditaire !!!
Mais tout a une fin, et la Constitution togolaise ne lui permet plus de se représenter en 2025. Heureusement, des solutions existent ! Une nouvelle Loi est votée, créant un poste de Président du Conseil des Ministres (le titre est cité approximativement), et ce poste est attribué à .... Vie !
Je vous laisse deviner à qui est revenu ce poste ...
Et un Président de la République a été élu : Jean-Lucien Kwassi Lanyo Savi de Tové, né le 7 mai 1939 (un tout jeune homme), totalement absent de la vie politique.
Le Togo, c'est environ 57 000 km2 pour 4 500 000 habitants (aujourd'hui, et 10 millions demain !). 600 km du nord au sud, 100 km de l'Est à l'Ouest.

Assez parlé des autres, et moi alors ....
J'ai préparé ma mission, bien en amont. J'ai récolté des informations de la part de l'ancien responsable du Togo, j'ai passé des heures sur internet, et j'ai envoyé de nombreux mails pour obtenir des rendez-vous sur place. Résultat = 0 réponse ... Je verrai bien sur place.
Pour arriver à identifier des missions, il faut rencontrer beaucoup de monde ..

beaucoup, beaucoup plus que ce que montre cette photo.
Il faut être patient, je téléphone, encore et encore. Et parfois lorque j'arrive au rendez-vous, on m'a oublié ou mon interlocuteur a été convoqué urgemment par la Présidence !
Lomé
Entretemps, je visite Lomé, une ville grouillante, très étendue. Mon hôtel est plutôt au centre ville (ancienne partie de la ville), et je peux aller à pieds jusqu'au marché, à la mer ... Et lorsque la distance est grande, une moto taxi fait l'affaire, c'est le plus rapide car elle se faufile dans les bouchons.
Direction la plage;

Même si le soleil est là, ce n'est pas l'époque de la plage. Les plus belles plages ne sont pas à Lomé mais à l'Est, où fleurissent tous les grands hôtels ( c'est relatif, il n'y a pas de palace à Lomé). Vu de près le sable est constellé de plastiques.
Premiers essais de boissons locales : une bière - sans problème et un Chips - très sucré et chimique ! Je ne recommencerai que la bière .... Etonnant, non ?
Pour aller à la plage, je traverse le Marché, une véritable expérience de la foule. Je me fraie, avec difficulté un chemin au mileu des étals, des trycicles camions qui foncent pour que les gens se poussent, et toutes ces personnes qui veulent aller dans des sens opposés.
Même au mileu d'une foule aussi compacte, je ne ressens pas de crainte. En fait, on ne fait pas vraiment attention à moi.

J'entends certains d'entre vous dire : un marché africain ! Et c'est exact.
Pas beaucoup de photos de ma part, car j'ai souvent eu des gestes de refus lorsque j'ai sorti mon appareil.
Un peu de culture maintenant, je vais au Musée : le Palais de Lomé. Une belle batisse coloniale dans un beau parc, excentrée à l'ouest de Lomé, côté frontière Ghana. La collection est en train d'être installée, j'aurais droit à une réduction de 50 % sur l'entrée.

J'ai adoré les tissus (pagnes anciens) oranges, et je les ai beaucoup cherchés, sans succès !
L'histoire des "Nana-Benz" ... Ce sont des femmes qui ont prospéré dans le commerce, qui semblait être accaparé par des hommes et des firmes occidentales. Ce sont les premières "capitaines d'industrie" qui se sont frayées leur propre chemin dans les années 1960 à 1990. Le terme de "Nana-Benz" désigne ces femmes togolaises qui se sont enrichies dans le commerce des pagnes "wax" et qui circulaient, de façon symbolique, en Mercedes pour marquer leur réussite et leur richesse. D'où le nom de "Nana-Benz".
Les wax (en fait un tissu peint avec de la cire) avaient des noms évocateurs, et féministes : "l'oeil de ma rivale" (la maîtresse du mari), "Si tu sors, je sors" (si toi mon mari, tu sors, je sors aussi de mon côté), "Ton pied, mon pied" (si l'homme peut circuler, alors la femme aussi) ...
Aneho et le Forum de l'Eau
Il faut aussi que je travaille. Demain, départ pour Aneho, à 50 km à l'est de Lomé où se tient le Forum de l'Eau. Aneho est une mignone petite ville, plutôt balnéaire. Rien de bien extraordinaire, mais ça me donne l'occasion de voir que de nombreuses associations occidentales oeuvrent au Togo.

Repas 70 centimes ... immangeable !
L'Est du TOGO
Le jour suivant, départ pour Tohoun, l'est du Togo (le carré sur la carte). Au programme, visite de travaux déjà réalisés, d'autres en gestation, et nouveaux projets éventuels.
Je loue une voiture avec chauffeur, et je récupère le Président de l'Association togolaise, partenaire dans ces projets. 6 heures du matin, on y va.

La sortie de Lomé, on achète du pain à apporter aux personnes que nous allons voir (parait-il qu'à cet endroit, c'est le meilleur pain de la région !), et la fin du trajet se fait sur une piste où, souvent, la voiture racle les buissons des 2 côtés de la piste.
Electrification d'école :
Ce projet s'est terminé avec succès. Je n'y suis pour rien, bien évidemment, je récolte simplement les lauriers ...
Description du projet :
Les écoles d’Aoutélé et lonmey sont 2 écoles primaires, de 6 classes (équivalentes du CP1 au CM2), ayant environ 150 élèves chacune (moitié filles, moitié garçons). Le projet d’éclairage des bâtiments scolaire des écoles de Lonmey et d’Aoutélé visait à mettre la lumière dans les salles de classe et l’extérieur du bâtiment, le bureau des directeurs, les magasins, pour offrir un environnement plus sûr, plus sécurisé et propice à l’apprentissage. Le projet consiste en l’apport d’électricité aux écoles d’Aoutélé et Lonmey, grâce à la mise en place de panneaux photovoltaïques sur le toit des écoles. L’électrification des écoles comporte 2 volets :
Résultats :
Le niveau des classes a été augmenté de 30 % environ, grâce aux cours de soutien auprès des élèves en difficulté, à l'allongement de la durée des cours le soir, et au fiat que l'élève peut réviser le soir chez lui
Plus de 30 adultes, dans chacune des écoles ont suivi des cours d'alphabétisation le soir, à raison de 3 fois 2 heures/semaine
La recharge payante des téléphones a rapporté plus de 10 000 CFA permettant l'entretien du matériel.
C'est une vrai réussite.
Le projet a été financé par EDF Fondation en grande partie, et aura duré 4 ans.
L'école d'Aoutélé

L'école de Lonmey


Petite réunion dans la cour de l'école avec le Comité des Communes, Comité des parents d'élèves, etc...
Et ces programmes demandent une suite car chacune des 2 écoles possède un forage qui ne fonctionne plus !
Projet de forage à Ayabamé et Gangadehoe.
Je ne vais pas inventer une nouvelle description, et je remets ici celle qui a été écrite dans la cadre du dossier de financement (2 forages à réaliser, un dans chaque village) :
| Résumé du projet Les villages d’Abayame et Gangadehoe disposent d’une ressource en eau potable insuffisante, spécialement en saison sèche, obligeant les habitants à s’approvisionner dans la rivière locale. La mise à contribution de celle-ci pour tous les usages domestiques, l’absence de latrines, la divagation des animaux et le lessivage des abords lors des pluies entrainent de graves problèmes sanitaires, et constituent par là une entrave au développement économique. Les villages ne disposent pas de l’électricité. Le projet vise à apporter en permanence dans chacun des deux villages une ressource en eau potable suffisante, pérenne et saine, par - des forages rénovés et/ou nouveaux, alimentant des réseaux de distribution dans les villages et à l’école, - la création de latrines, pour mettre fin à la défécation à l’air libre, - la formation de la population et de ses représentants à l’utilisation optimale et la gestion de ces équipements. |
| Activités principales : - Créer 2 nouveaux forages, un à Abayamé et un à Gangadehoe, - équiper chaque forage par un pompage électrique alimenté par capteur solaire, doublé d’une pompe à motricité humaine en secours, et un stockage de régulation par château d’eau (polytank), - distribuer l’eau par des bornes fontaines dans chaque village et à l’école, - créer des latrines collectives dans les villages et à l’école, - installer et former un Comité de Gestion de l’Eau dans chaque village, - former les villageois aux bonnes pratiques d’hygiène, et à l’utilisation agricole des excreta générés par les latrines familiales. |
Résultats attendus :
Les habitants ont un accès permanent à l’eau potable, et ne sont plus victimes de maladies hydriques.
Les habitants ont fortement réduit sinon éliminé la défécation à l’air libre ; les cours d’eau ne sont plus pollués par les bactéries d’origine humaine. Les habitants sont sensibilisés à l’utilisation et la gestion des nouveaux équipements.
Les excreta sont utilisés comme engrais, en substitution de l’achat d’engrais chimiques.
Le tout pour un budget prévisionnel de 170 000 € environ.

Le village a 800 habitants. Le puit existant fonctionne aujourd'hui car nous sommes en fin de saison des pluies, et il y a encore de l'eau. Dans une ou 2 semaines, il sera à sec, et les habitants creuseront dans le ruisseau pour récupérer de l'eau. L'eau est propre, au départ, mais les excréments humains et animaux apportent beaucoup de bactéries !
Le nouveau forage sera à la place du bananier visible sur la photo en haut à droite.
Le 2ème village se trouve à 3 km environ, en traversant le ruisseau.
Le ruisseau n'a presque plus d'eau, mais en saison des pluies, l'eau monte à plus de 2 mètres, et le ruisseau devient un torrent.
Le premier village est encadré par 2 ruisseaux, et le 2ème village est plus loin. L'école se trouve avant le 1er ruisseau, donc à l'extérieur des 2 villages, et les enfants du 1er village doivent traverser un ruisseau et ceux du 2ème village 2 ruisseaux. Lorsque les ruisseaux sont en crues, les enfants ne vont pas à l'école, mais si la crue monte pendant la journée (où les enfants sont à l'école), ils vont tenter de rentrer chez eux en traversant les ruisseaux devenus torrents. Chaque année 5 ou 6 enfants sont emportés par le courant !
Pourquoi ne pas construire un petit pont ? Ce serait simple techniquement. Impossible car lier les 2 villages par un pont apporterait le malheur sur les 2 villages, et aucun villageois n'en veut ! D'où l'intérêt de connaître l'environnement culturel avant de lancer un projet.
Quelques nouvelles de ce projet, et un exemple de la durée de réalisation :
Ce projet a été identifié en 2022, suite à la rencontre avec l'Association locale JB2D. Le Président de cette association est un natif de cette zone, et a décidé d'aider sa "famille".
2023 : envoi d'un chef de projet sur place, rédaction du dossier pour demander un financement (c'est un gros dossier !). Il faut montrer l'implication et la volonté des villageois, l'accord des autorités, la création d'un comité de surveillance, etc...
2023 et 2024 : recherche des financements. 3 financements sont trouvés (un financeur ne finance jamais un projet à 100 %, en général à 40 %, au maximum à 80 %) fin 2024.
Les bailleurs décident en général des montants attribués fin d'année, et c'est validé au 2ème trimestre de l'année suivante. Nous voici donc en mars 2024. Ce ne sont que des "promesses de dons" car les bailleurs ne débloquent les crédits que si 100 % du budget est bouclé.
Début 2025, un bailleur se désiste, et de 100 % du budget, nous nous retrouvons avec 70 % financés !!! Tout s'écroule ... Heureusement, les 2 bailleurs restants nous assurent de leur soutien. Miracle, nous retrouvons une agence qui accepte de mettre les 30 % restants ! C'est reparti. Ce sera validé en avril 2026.
(je passe sur les contraintes de refaire le dossier, car chaque bailleur a ses exigences !)
Maintenant, j'écris au mois de mai 2026. Les travaux devraient commencer après la saison de pluie, fin 2026, ou début 2027, pour se terminer 6 mois plus tard.
Mise en service des forages - si tout va bien - mi 2027.
5 ans entre l'identification du projet et sa mise en service.
Les latrines :
Les latrines sont les WC; je dis cela pour ceux qui n'ont pas fait de latin dans leur jeunesse.
N'oublions pas que l'eau est très rare, donc pas de chasse d'eau; en fait pas d'eau du tout !
En quoi consite une latrine (un WC) : nous creusons 2 fosses juxtaposées (1,5 m de profondeur, sur 1 mètre de long, et 70 cm de large). Au-dessus de chaque fosse, une dalle avec un trou (je n'explique pas à quoi sert le trou !!!). Un des 2 trous est fermé, l'autre en service. Lorsque la 1ère fosse est pleine (2 à 3 ans), elle est fermée, et la 2ème est ouverte pour service. Au bout de 2 ans environ, les excréments dans la première fosse sont secs, et seront évacués pour servir d'engrais naturels, et cette 1ére fosse est bonne pour reprendre du service.
Bien sûr, le tout est abrité dans un petit local.
Nous trouvons ce type de latrines partout, à l'école (elles sont séparées garçons / filles), au milieu du village (publiques) ou associées à une "famille" (privées).
La plupart des projets sont accompagnés de construction de latrines, car c'est un vrai problème de santé, en polluant les sols, et donc l'eau qui s'infiltre.
Comité de Gestion :
Un élément prépondérant pour garantir la pérénnité de l'installation : mettre en place une équipe qui va gérér l'installation : souvent un "Conseil de village", "Communauté de communes", etc... C'est une entité "administrative" qui se charge de la bonne gestion du système. Sans cela, tout est voué à l'échec en moins de 2 ans.
Exemple : Un forage doit être géré, sinon, il se casse, il se bouche, et au bout de quelques mois, il n'est plus fonctionnel. Lors de mes visites, j'ai remarqué que plus de 40% des forages sont abandonnés. Mais si un comité de gestion s'en occupe, il va durer.
Que fait le comité de gestion : 1 - il fait payer l'eau (50 centimes le M3). 2 - il met un(e) gardien(ne) qui gère les personnes qui viennent prendre de l'eau. 3 - Le ou la gardienne est intéressée sur les rentrées d'argent, ainsi elle est motivée (les sommes sont très faibles. Un bidon fait 25 litres, soit 2 centimes le passage) 4 - il dépêche une société pour entretenir le forage
Autre exemple : les latrines. Elles ne sont jamais payantes, mais il faut les vider ! Il est préférable de faire appel à une société extérieure. D'où l'intérêt des latrines privées, car c'est la famille qui s'en occupe, et les enfants font ce boulot.
Un projet : 2 écoles à construire ...
J'ai identifié 2 écoles qu'il faut reconstruire, 2 beaux projets ... Voici les écoles dans leur état actuel
1er projet

2 classes ! Au milieu le site pour la construction de la nouvelle école
Et l'environnement
2ème projet : Hometowouhoe

Une école classique, 3 classes, où les élèves ne sont pas absents.
Quelques photos de la vie au Togo ..

Mon restaurant avec le plat du jour, et ma chambrette !!!
C'est reparti, mon compagnon de voyage repart à Lomé, et moi, je continue vers le Nord.
Vues sur la route

Chemin faisant, j'arrive à SOTOUBOUA (le cercle sur la carte). L'objectif est de visiter un CET qui demande notre soutien pour se réorganiser.
CET PERFECT - SOTOUBOUA
Le collège a été créé par M BINI qui voulait aider les jeunes de cette région à trouver un emploi. 400 élèves fréquentaient le Collège, et ce nombre diminue peu à peu, un Lycée Technique d'état va s'installer pas très loin. Alors que faire pour pérenniser l'activité de cet établissement ?
Je suis agréablement surpris lors de ma visite, car, même si l'ensemble des bâtiments est très sommaire, les élèves sont studieux et semblent ponctuels. J'apprendrai plus tard que ces élèves travaillent dans les champs ou autre pour payer leurs études.
Sont enseignés ici : la construction, l'électricité, la mécanique ... le tout avec des moyens dérisoires.


Fort de cette bonne impression, je passe toute la matinée avec M Bini, le DIrecteur de l'école et le Superviseur. J'élabore un premier plan avec de nouvelles sections, ouvertes plutôt aux femmes (car les financements sont plus nombreux en faveur des femmes), du nouveau matériel, etc...
Rentré en France, je contacte un adhérent qui veut bien être le Chef de Projet pour ces actions à venir. Tout est sur les rails .... Mais c'est sans compter sur le manque d'effort et d'investissement de l'équipe du Collège. Malgré nos relances pour avoir une réunion et avancer sur cette réorganisation, nous n'avons pas eu de réponse. Finalement, j'ai envoyé un mail plus "tranchant", auquel j'ai reçu une réponse : en résumé, ils ne veulent s'occuper de rien, à nous de trouver des financements pour envoyer une personne 2 ou 3 mois afin qu'il mène son audit, voit les organisations et ministères, et mette en place les nouvelles solutions. En clair, vous faites tout, et sur place nous ne faisons rien !
Résultat, j'ai tout simplement rayé ce projet de la liste. Il n'est pas possible d'avancer sans une participation locale.
Rien n'est simple ... Je regrette leur position car cela fait plus de 13 ans que l'Association aidait ce CET. Je suppose que M Bini, qui est bien vieux maintenant, est "fatigué" et ne veut pas passer la main.
Une nuit à l'hôtel, et je reprends la route pour aller plus au nord, là où se trouve l'étoile sur ma carte : la commune de Doufelgou 2.
Doufelgou 2 :
Petit aparté sur l'empilement administratif des zones géographiques au Togo :
Sous l'Etat, se trouve les régions, puis les Préfectures, et sous les Préfectures, les Communes, et enfin les villages. Ce qui est remarquable est que les communes portent le nom de la Préfecture avec un Numéro.
Par exemple, je vais dans la région de Kara, Préfecture de Doufelgou, commune de Doufelgou 2 (il y a 1 et 3), qui comporte 27 villages.
J'avais rencontré la Maire à Lomé, une femme très dynamique et politique qui veut mener beaucoup d'actions dans sa commune. En voici quelques unes :
C'est le nom du village qui est en tête.
Electrification d'une école primaire : une redite de ce que nous avons déjà fait.

L'école avec la fine équipe ! Un forage qui ne fonctionne plus ..
Le projet est de refaire exactement ce que nous avons déjà fait (voir au début de ma prose).
5 mois plus tard ... je n'ai pas trouvé de Chef de Projet chez AGIRabcd pour porter ce projet. Il est donc au point mort !
Maraîchage :

Eh oui, j'étais là aussi !!!
Le long d'un ruisseau, certains cultivateurs se sont installés, et cultivent des oignons et deu piments, tant qu'il y a de l'eau - soit 6 mois de l'année. Ensuite, la sécheresse est là, et plus de culture.
Le projet est de réaménager cette zone en parcelles qui seront attribuées à des agriculteurs, faire un forage avec une irrigation afin de ne plus avoir de période de sécheresse, et inciter à d'autres cultures.
L'objectif est de rendre autonome cette commune dans sa consommation d'un certain nombre de légumes.
5 mois plus tard, j'attends toujours des plans plus précis de cette zone afin de lancer le projet.... malgré mes relances !
Centre d'Orientation et de Support des femmes :
Au Togo, comme dans beaucoup de pays d'Afrique, les jeunes femmes vont peu à l'école. Très jeunes, elles doivent s'occuper de leurs frères et soeurs lorsque les parents sont aux champs. Ensuite, vers 15 ans, elle se marie (même si au Togo, il est interdit de se marier avant 18 ans), et elle va avoir 3 ou 4 enfants. Ensuite, son mari part travailler ailleurs, et ne rentre plus !
Voilà cette jeune femme, avec 3 ou 4 enfants, sans éducation, sans revenu. Elle va retomber entre les mains d'un autre homme, souvent violent ... et l'histoire continue tristement. 1 femme sur 10 se suicide.
Vous avez compris l'intérêt de ce centre qui peut accueillir les femmes en détresse, les former, et leur redonner espoir, et surtout les amener à travailler.

La première pierre a été posée en 2022 ... De cet endroit, nous avons une très belle vue sur la vallée. L'endroit est un peu isolé car les femmes ont peur de venir si elles peuvent croiser quelqu'un de la famille ou un voisin.
Bien que je pense que ce projet peut être financé, je ne trouve pas de Chef de Projet.
Un projet hors liste : Une maison des volontaires

Ca a existé, mais pas longtemps, et àa n'existe plus depuis longtemps !!! Ruines à reprendre.
Industrialisation de la fabrication d'huile de palme :
L'huile de palme est décriée dans les pays occidentaux, non pas qu'elle soit mauvaise dans l'alimentation, mais parce qu'elle s'accompagne de déboisement massifs surtout dans les pays asiatiques. En conséquence, de grandes campagnes ont eu lieu contre l'utilisation de l'huile de palme (D'où la profusion de crèmes noisettes pour remplacer le Nutella qui continue à en mettre dans sa composition). Aparté, avec les avocats, c'est bien pire, la forét amazonienne est décimée pour planter les avocatiers; mais là, pas de vague.
En revanche, l'Asie et les pays africains n'ont pas cette réticence, et utilisent très largement l'huile de palme (huile rouge). Plus de 80 % de cette huile est consommée ainsi. De plus, c'est une industrie très rentable car la demande est très forte et la production ne suffit pas.
Et voilà mon projet : construire une petite unité de fabrication d'huile de palme, avec des plantations diffuses dans les villages (donc pas de défrichage, et une économie qui profitera à tous).
J'ai beaucoup appris sur ce sujet, et un Chef de Projet a même pris cela en main.
Sur les délai, si tout va bien, la production d'huile de palme débutera en 2030 !!! Il faut attendre 5 ans pour que les palmiers donnent des régimes utilisables ....
Voilà le petit atelier aujourd'hui :

Le pressoir qui donne l'huile, et les coques qui sont des résidus.
Attention : le processus est beaucoup plus compliqué.
AMINA 1 : Forage en panne

Voilà un parfait exemple d'une actionn qui n'est pas pensée pour être pérenne.
L'école n'est pas vieille, et une association est venue installer un forage - très bonne idée. Le forage sert d'une part à l'école (pour se laver les mains), à alimenter en eau une parcelle de maraîchage (où les enfants produisent de quoi manger à midi), et à alimenter un dispensaire à 300 mètres de l'école.
Grâce à ce forage, et au maraîchage, une cuisine a été mise en place et un réfectoire construit.
Mais, aucun comité de gestion n'a été mis en place, aucune formation n'a été faite au niveau de l'école, et la pompe a été cassée. Depuis 2 ans, plus d'eau, plus de maraîchage, plus de cuisine et plus d'eau au dispensaire (qui fonctionne quand même).
Dommage car c'est un beau forage ! Coût de la réparation : 800 euros
J'en finis ici avec les projets. J'ai fait une réunion avec des associations locales, et je reçois encore de nombreux projets pour étude. Malheureusement, le goulot d'étranglement est le financement, qui se fait très rare.
Avec beaucoupp d'espoir et d'optimisme, j'espère mener à bien un ou 2 projets !
Malgré tout, je réussis à aider une entreprise locale de bâtiment à monter ses ouvriers en compétence. J'ai trouvé, et j'envoie 3 intervenants pour former ces jeunes apprentis. Tout n'est pas négatif !
Quelques photos du nord où je me suis baladé pendant 3 jours.

La voiture a été mise à rude épreuve, le pot d'échappement s'est cassé. Ici on ne change pas, on répare, et ça marche !
Le charbon, la plaie de tous ces pays : la cuisine se fait au bois, il faut donc du bois, du charbon, d'où un ramassage sauvage dans les zones boisées ... c'est pire que pour l'huile de palme !

Retour Lomé, où j'aurai encore pas mal de rendez-vous qui seront stériles ...
J'aurai fait un voyage différent, pas touritique, mais ô combien intéressant. Retour au Togo en septembre 2026 pour faire avancer mes projets ...