
Il y a des voyages qui s'imposent rapidement, l'Ethiopie est l'un d'eux. Après avoir passé 1 mois au Togo, j'avais envie de continuer en Afrique, pour changer des pays asiatiques.
L'Ethiopie est un pays qui peut faire peur, vu de l'extérieur. Sur le site de l'Ambassade de France, la couleur dominante est le rouge - à éviter absolument - puis un peu de orange - avec beaucoup de précautions et à éviter si ce n'est pas nécessaire, du jaune - essentiellement Addis-Abeba ... et pas de vert qui symbolise la liberté d'aller où on veut.
Mais sur Facebook, des touristes postent des photos, et aucun retour de désagréments notoires. Les photos donnent envie, les paysages comme les cultures sont très diversifiées.
Banco, me voici sur ce projet. Au départ, je prévois de partir solo, sac à dos, et me débrouiller sur place ensuite. L'expérience de la Mongolie me fait réfléchir. Peu à peu, je m'aperçois que certains tours organisés sont inévitables.
Dans le même temps, FB m'aide à trouver une puis deux compagnes de voyage. L'une d'elles connait des amis qui ont été en Ethiopie avec un guide qui a tout organisé. C'est ainsi que nous partirons aussi. 6 semaines dont 5 organisées par le guide.
Lors de mes préparatifs, j'avais préparé un circuit complet Nord + Sud, que j'ai transmis au guide. Mon circuit a été modifié par ma covoyageuse avec le guide, sans que je n'y prête attention, éliminant toute la partie ouest dans le circuit Sud. Dommage, car la fin de cette partie de tour s'est avérée du coup très longue et avec peu d'intérêt.
IMPORTANT : les éthiopiens sont en grande partie orthodoxes, et ont 2 fêtes majeures : Noël vers le 7 janvier, et Timkat vers le 19 janvier. Nous décidons donc de partir le 5 janvier pour ne pas rater Noël.
Premier accroc avec notre guide, lui a estimé - sans nous le dire - que Noël n'était pas si important et nous sommes partis vers le Danakil. Sur FB, j'ai vu de très belles photos des processions à Noël ! Petite déception d'entrée de jeu.
Arrivée Addis-Abeba (en éthiopien Addis-Ababa) le 5 janvier, sans nos valises ! Elles arriveront le lendemain soir. Nous irons les récupérer le 7 janvier, juste avant de prendre l'avion pour Semera - 1ère étape de notre circuit Nord. Arrivés au comptoir des bagages, on nous fait entrer dans la remise à bagages, et à nous de trouver et sortir nos bagages !!! Le mien est dessous le tas, donc, j'ai un peu bousculé l'ensemble.

Je démarre par le Nord, et après un vol Addis-Ababa / Semera, nous prenons un 4x4 pour remonter vers le nord.

Addis-Ababa vu de haut, et les hauts-plateaux avec tous ses lacs cratères.

Arrivée à l'aéroport de Semera, une piste en plein désert, un village sans grand intérêt, mais c'est ici que nous allons charger la voiture. Nous n'étions pas les seuls occidentaux dans l'avion, et nous nous retrouvons tous ici pour les mêmes actions.
Mais .... comme partout en Ethiopie, il faut payer pour aller quelque part. Dans notre cas, nous allons passer 3 jours sur le territoire des Afars, et cela coûte 450 € par personne pour les 3 jours ! Cela comprend le voyageur, la voiture, le guide, le cuisinier, le scout (un militaire armé) qui va nous suivre, etc...
Un petit tour dans la ville, c'est mon premier contact avec la population rurale, et un village à la campagne. Les Afars sont musulmans.

Et c'est parti pour quelques heures de route. Nous remontons vers le nord. Les paysages sont désertiques, et le sentiment qui prévaut est la désolation.

Malgré tout, des habitants sont répartis entre des "villages" de tôles et bois, et des huttes à structure bois + toile isolées dans la campagne. Il faut vraiment avoir envie de vivre dans ces conditions, pas d'eau, pas d'électricité, pas de protection contre la chaleur ... Ils ont l'habitude et vivent ainsi depuis des siècles. Ce sont essentiellement des éleveurs de chèvres et dromadaires.

Il commence à faire faim ! Le départ de l'hôtel s'est fait à 5 heures ce matin ... Arrêt dans un restaurant très local dans un village au bord d'un lac, où tous les touristes s'arrêtent

Bien sûr, il faut que je commence à m'habituer aux produits locaux ... à commencer par la bière ! C'est amusant car cette bière s'appelle Harar, et c'est la dernière ville de notre circuit global que nous visiterons ... Je prends une sacrée avance !
Le lac, comme la plupart des lacs en Ethiopie, est né dans le cratère d'un volcan, et il est salé. Sur le bord du lac, on ramasse le sel.
Après ce repas, petite baignade digestive dans le lac, et "douche" dans une source d'eau douce qui coule juste à côté du lac. Personnellement, je n'ai mis que les pieds dans l'eau.

Nous approchons du volcan Erta Alé. Il faut y arriver assez tôt pour voir le coucher de soleil à partir du haut du volcan.

L’Erta Alé est l’un des volcans les plus actifs d’Éthiopie. Son nom signifie "montagne qui fume" en langue Afar.
Les photos que j'avais vues montraient le lac de lave permanent et visible du bord du volcan. Malheureusement, il semble qu'une partie de falaise soit tombée dans le cratère dernièrement, et le cratère est maintenant empli de fumée, donc plus rien de visible. A priori, cela sera comme ça pour quelques décennies.
Le volcan culmine à environ 613 mètres d’altitude. Mais en voiture nous monterons à plus de 300 mètres, où nous camperons à la belle étoile.
Le jour suivant, lever 5 heures du matin pour monter tôt en haut du volcan, il faut 20 minutes environ de grimpette. Ensuite, nous cherchons l'endroit idéal pour suivre le lever de soleil. Malgré la chaleur du volcan présent, il fait froid !!!

L'immense cratère est constitué par 2 volcans, le premier éteint, et Erta Alé bien actif. C'est une immense mer de lave qui craque sous les pieds, il faut faire très attention en marchant dessus car sous la couche superficielle, le vide peut être très profond. On dirait un tableau abstrait de lignes courbes.
La fumée, c'est du soufre, et il est très difficile, même le nez couvert, d'y rester très longtemps.



Dernier regard du haut du volcan sur ce paysage recouvert par la lave à plus de 50 km.

Je redescends et nous partons pour l'étape suivante.
Le long de la route, le désert est partagé entre les dromadaires, les chèvres et les habitants sous leurs petites huttes.

Et au milieu de nulle part, des enfants nous regardent passer. Ils gardent les chèvres.

Il fait tellement chaud sur la route, pas d'ombre, pour déjeuner, nous nous arrêtons sous un pont de la route en construction.

La route a été commencée par les chinois, mais ils sont tous partis lorsque la guerre contre l'Erythrée a démarré ... et ils ne sont pas revenus pour l'instant. Pas d'inquiétude, les chinois travaillent partout en Ethiopie, ils font pratiquement toutes les routes et pistes, et construisent beaucoup de bâtiments !

Et nous voici au camping pour cette nuit ! Des "litières" en plein air, pas d'eau, pas de toilettes, et notre cuisinier pour nous faire à manger, le tout au milieu d'un village de tôle.

Et le soir ....

Cette halte, c'est pour la mer de sel, d'abord et le Dallol demain.

Pour les 2 premières photos, je suis sur le toit de la voiture !
Un petit tour de nouveau sur le sel, le lendemain matin pour le lever du soleil, et nous avançons vers le Dallol, dépression avec ses lacs de fluor, le désert le plus chaud au monde.
Le Dallol est un des sites géologiques les plus étonnant d'Ethiopie, et je rajouterai au monde. Il se situe dans le Danakil. Il est composé de sources hydrothermales colorées par des dépôts de soufre jaunes, vers et oranges éclatants.
Les scientifiques étudient ici les conditions extrêmes pouvant exister sur d'autres planètes !



Epoustoufflant, j'avoue ne jamais avoir vu ça ailleurs. Il existe des sources de soufre en Islande, par exemple, mais elles n'ont pas ces couleurs.
A 100 mètres, du Dallol, un petit canyon avec des rochers qui montent dans le ciel, comme des totems. Il est presque midi, je pense qu'il fait 40°C minimum, mais supportable car l'air est très sec.

Nous abandonnons l'est de l'Ethiopie et son désert pour partir vers l'ouest et monter sur les hauts-plateaux. Direction Mékélé.
Les paysages changent, nous montons à plus de 2000 mètres d'altitude, mais ce ne sont pas de grandes plaines cultivées ... Plateaux et canyons se succèdent, et la route monte et descend en lacets.

Le long de la route des habitants ont construit des maisons rudimentaires, faites d'une structure bois et de tôles, on traverse un "village" de temps à autre, centre de l'animation.


Il est remarquable de voir que les villages sont alimentés en électricité - même si toutes les maisons ne sont pas branchées -, cela permet d'avoir quelques réfrigérateurs dans les échoppes, et bien sûr la télévision et recharger les téléphones portables.
MAIS .... il n'y a pas d'eau courante, et les femmes et enfants vont à un puit, une source, une marre d'eau pour ramener des bidons d'eau à la maison. Parfois, elles feront 7 km aller et autant (mais chargées de 25 litres d'eau) au retour.
Je m'apercevrai que dans toute l'Ethiopie c'est la même chose. Dans certaines grandes villes, idem, toutes les maisons n'ont pas d'eau !
Aussi, l'image la plus commune que je verrai le long des routes, ce sont ces bidons jaunes de 25 litres, portés à même le dos, ou sur des ânes, ou dans des charettes ... En fait, ces fameux bidons jaunes existent partout en Afrique, ce sont les mêmes au Togo, au Sénégal, etc... et ils servent toujours à l'eau (en fait ce sont des bidons d'huile d'importation qui sont recyclés).
Je mettrai souvent des photos de ces bidons ... Voici les premières sur un âne.

Peu à peu, nous quittons ces régions arides pour arriver dans des plaines plus riches, où le sorgho est cultivé à perte de vue, mais en mode manuel. Les villages semblent mieux organisés, et la ville ressemble plus à une ville.
Nous avons quitté les Afars, et sommes maintenant dans la région des Amhariques.

Et une vraie ville .... Mékélé

Deuxième ou troisième site remarquable en Ethiopie : les églises orthodoxes creusées à même la roche, au sommet des montagnes, ou à flanc de falaise.
Nous allons voir 2 églises, et c'est l'occasion d'une belle et difficile randonnée de 8 heures ... Beaucoup de dénivellée, et des passages compliqués.

L'église se mérite ... et ce n'est pas fini !!! L'église est tout en haut au bout de la flèche rouge, et le chemin d'accès se trouve en passant par une faille entre les 2 blocs.

Et ce n'est que la première église : Maryam Korkor, mais mes efforts sont récompensés.
L'église Maryam Korkor est une des églises les plus spectaculaires (mais attendons la suivante !!!) du Tigré. Elle aurait été creusée directement dans la roche au VIème siècle. Son intérieur est vaste, soutenu par des piliers sculptés dans la pierre.
On y trouve de magnifiques fresques anciennes représentant des scènes bibliques.
L’architecture est sobre mais majestueuse, typique des églises rupestres éthiopiennes.
Depuis le VIème siècle, un prêtre officie dans cette église, et elle reste un lieu de culte actif pour l’Église orthodoxe éthiopienne. Tous les dimanches le village en contrebas vient suivre la messe ici.


Les poteaux à l'intérieur de l'église font partie intégrante de la roche. Le vide a été creusé en laissant ces poteaux debout.
Je remets mes chaussures (on entre pieds nus dans les églises), et c'est parti pour la deuxième église ... 6 heures de marche avec encore quelques passages complexes, et de très belles vues sur les environs.



Après ces efforts, j'arrive à l'église Abune Yemata (je n'ai pas mis les photos des escaliers, des buissons qui nous attaquent de leurs épines sur le chemin, etc...).
L'église Abune Yemata est encore plus spectaculaire que celle que nous venons de voir. Celle-ci est perchée à près de 200 mètres du sol sur la paroi d'une falaise. Aucun chemin pour y monter, ce qui explique nos acrobaties pour arriver en haut.
L'histoire dit qu'un croyant a entendu Dieu lui demandant de construire une église à cet endroit précis. Il est donc monté jusque là, s'est installé sur une corniche de 30 cm, et a commencé à creuser une immense caverne, et en a fait une église. Cela s'est passé au Vème siècle.
A l'intérieur de très belles peintures du Vème siècle restent toujours aussi éclatantes. Le lieu a toujours été utilisée pour le culte, les prêtres se succèdent (ils font un roulement d'un mois).

La 3ème photo, c'est la corniche d'accès à l'église : 30 cm de large au-dessus d'un à-pic de 200 mètres environ.
Maintenant l'intérieur


Le prêtre fait la lecture d'un livre original du Vème siècle. Il est écrit en Geez (guiz) qui est la langue des prêtres orthodoxes. Cette langue est toujours pratiquée. En rouge sur le manuscrit, sont écrits les noms de saints.
Quelque soit l'église, il y a toujours une partie inaccessible pour nous, c'est l'antre du prêtre, là où sont conservés les trésors.
Il n'y a plus qu'à redescendre ..

Retour en "ville" : Hawzen. Quelques vues en vrac de la ville


Direction Axoum.
Les champs autour de nous sont cultivés, la province est plus riche. Dans le paysage, ces montagnes aux drôles de forme de pyramides ou de poteau.


Nous descendons du plateau, Axoum est dansd la plaine.

Axoum (ou Aksum) a été la capitale du royaume axoumite pendant près de 2000 ans. La Reine de Saba s'y est installée, suivie par son fils Menélik 1er (il y aura un Menélik 2 au XIIème siècle ... on en parle plus tard). C'est Ménélik 1 qui a été cherché l'Arche de l'Alliance qui est censée être conservée dans l'église Ste Marie de Zion depuis cette époque.
Bien sûr Axoum est inscrite au patrimoine de l'Unesco.
Cote à cote, l'église Ste Marie de Zion, et l'église moderne construite par Haylé Sélassié.

Et une vieille église ouverte uniquement aux hommes (des églises uniquement pour femmes existent aussi).

Commej'étais seul, et que j'ai attendu une heure que le prêtre arrive pour ouvrir l'église, j'ai eu droit aux rideaux tirés pour admirer les peintures qui se cachaient derrière, mais je n'ai pas eu droit d'entrer dans le saint des saints ! Sincèrement, cette église est bien plus intéressante que la nouvelle église.
Axoum, c'est aussi un champ de stéles monolithiques de 20 mètres de hauteur, avec des tombes au-dessous. Ce sont les Rois et notables qui ont été enterrés ici. Cela date du 4ème siècle.

Et enfin, le Palais de la Reine de Saba (ou ce qu'il en reste, car à l'époque, le Palais avait plusieurs étages 4?)

Direction les montagnes de Simien, Nature quand tu nous appelle ..
Le principe des routes en Ethiopie : elles suivent le terrain, très peu de ponts ou tunnels. Comme le pays est composé de nombreux plateaux, et de vallées, la route monte, descend avec d'interminables lacets.

Arrêt pour charger la voiture ... Il y a nos sacs, bien sûr, mais aussi les tentes, le matériel de camping, de cuisine, la nourriture pour 3 jours, etc... sous l'oeil attentif des enfants ...

Les montagnes Simien se situent dans la région Amhara. C'est un paysage spectaculaire avec ses falaises abruptes et ses canyons, classé à l'Unesco depuis 1978. On y trouve le sommet le plus haut d'Ethiopie, le Ras Dashen, qui culmine à 4500 mètres.
La faune est unique, avec, en particulier le singe gelada au poitrail rouge, le bouquetin d'Abyssinie qui se cache bien (et je ne l'ai pas vu !).
Les monts Simien sont appelés le toit de l'Afrique de l'Est.

3 jours de randonnée, en camping sous tente; heureusement, la température descend à 8°C la nuit, et tant que le soleil n'est pas levé, la doudoune est de rigueur (idem dès que le soleil disparait).
Le ciel est dégagé et magnifique. Je me suis levé à 4 heures du matin pour le contempler.
Avant le départ de la randonnée, le campement - 3 360 mètres- :

Ma tente, c'est la bleue et blanche. La baraque en tôle, la cuisine avec son feu et le cuisinier, la nourriture est à la hauteur de l'habit, très bon. En bas à droite, les toilettes !!!


Nous ne sommes pas seuls sur ce plateau désertique. Par moment, des enfants, adultes, etc... apparaissent comme par magie, souvent avec des bibelots faits main à vendre.

Mais ce ne sont pas les seuls que nous croisons, voici les fameux singes Gelada, les biches ...

Et le ciel étoilé

Gondar et son château.
Le château de Gondar = le château de Fasil Ghebbi, situé dans la ville de Gondar. Ce grand complexe royal a été fondé au XVIIème siècle par l'Empereur Fasilides. Il marque la période où Gondar devient la capitale de l'Empire éthiopien.
Il se démarque par son architecture unique en Afrique, avec des influences portugaises, indiennes et locales. Il ressemble à un château médieval européen. Classé à l'Unesco depuis 1979.

Il a été bien entendu rénové (pour ne pas dire reconstruit !).
L'église orthodoxe, en train d'être décorée. Ils se préparent pour Timkat.

L'Empereur Fasilides s'est fait construire une piscine à 7 km en contrebas de son château. Parait-il qu'il s'en servait.
De nos jours, ce bain est considéré comme bienfaiteur, et lors de Timkat, des milliers de pélerins vont se rejoindre sur la grande place (en terre) devant les bains, et, en longue file, ils vont entrer dans l'eau pour être purifiés.

Je passe sur l'aller retour que nous avons fait jusqu'à Bahir Dhar, car nous n'avons pas pu aller voir les chutes du Nil bleu, à cause de la rébellion présente à ce moment dans cette région.
Rébellion bien réelle, en témoignent ces camions brûlés sur la route.

Retour Gondar, et nous prenons l'vion pour Lalibela. 400 km seulement séparent Gondar de Lalibela, mais le trajet ne peut pas se faire en voiture du fait de la rébellion omniprésente dans cette région.
Lalibela, une autre étape éthiopienne qui a des images uniques à offrir. Ce site extraordinaire est célèbre, d'une part pour ses églises monolithiques creusées dans la roche au XIIème et XIIIème siècle, et pour la fête de Timkat qui prend une ampleur particulière ici.
Les églises, au nombre de 11, ont été construites sous le règne de Lalibela (traduction : aime le miel). Ces églises rupestres sont creusées directement dans la roche volcanique, à partir de la surface de la terre, en descendant. Elles sont reliées par des tunnels et passages souterrains.
Pourquoi ces églises ???
Au XIIème siècle, Jerusalem était envahi par les musulmans. Alors le Roi Lalibela a voulu offrir aux chrétiens une nouvelle Jérusalem, ofrant ainsi un lieu de pélerinage alternatif. De plus, construire ces églises montrait la grandeur du royaume éthiopien et son influence sur les chrétiens.
Les églises ont été construites vers le bas (à l'inverse des églises et cathédralesqui se dressent vers le ciel) pour rester discrètes, et résister à l'envahisseur.
Comment ont-elles été construites ?
La légende dit que le Roi Lalibela a entendu la voix de Dieu, et que les Anges sont venus aider pour bâtir ces ensembles. Les éthiopiens croient fermement à cette légende, car les travaux semblent tellement énormes que des hommes seuls ne pouvaient y arriver.
Pour démarrer la construction, une tranchée entourant le futur édifice était creusée (20 mètres de profondeur environ). Une fois cette étape terminée, l'édifice était taillé exactement comme une statue. Les poteaux étaient créés grâce au vide les entourant, les fenêtres idem. L'extérieur étant fini, la porte était creusée, et l'intérieur vidé. Sachant que tout se faisait au marteau, burin de l'époque, on peut imaginer le travail colossal.
Le résultat est stupéfiant, et unique au monde.


La plus connue, l'église St Georges, qui est en forme de croix vu du ciel.

En vrac, d'autres photos

ET Timkat approche, nous sommes le 19 janvier.
Timkat est la plus grande fête orthodoxe chrétienne avec Noël. C'est l'Epiphanie, elle célèbre le baptème de Jesus dans le Jourdain.
De grandes processions ont lieu pour emmener les copies de l'Arche de l'Alliance à un lieu où elles resteront 3 jours. Chaque église a sa copie, donc chaque église a sa procession.
Les prêtres sont habillés en blanc, ceux qui portent l'Arche de l'Allaince sont vêtus de robes très colorées. Les prêtres vont prier, chanter et danser toute la nuit, et le lendemain, aura lieu la cérémonie de l'eau (baptème).
Des milliers de prêtres participent dans toute l'Ethiopie à cette fête. A Gondar, le baptème a lieu dans la piscine.


Le soir, tout le monde se rassemble sur un grand terrain (qui ne sert qu'à Timkat), et dort sur place, emmitoufflé dans leur grands pagnes blancs (sales !!!). On dirait un champ de momies !

Et pendant que les fidèles dorment, les prêtres chantent ... OK ce n'est pas très dynamique ! Même moi, j'ai compris les pas de danse !!!
La nuit se passe, le soleil pointe son nez. Dès 6h00, les fidèles (et moi) se massent pour recevoir le baptême de l'évèque. Nous allons attendre un bon moment ! Chansons et danses (toujours les mêmes), discours ...

Le clou du spectacle ... le baptême ! Arrosage garanti, même moi !!!
Et voilà, la fête est finie, les Arches de l'Alliance rentrent chez elles, et n'en ressortiront que l'année prochaine.
